Le plus pénible est de rentrer dans une voiture longtemps garée au soleil. S’introduire dans un four, position du thermostat sur grill, devrait à peu près faire ressentir la même impression. Fait chaud, fait moite, fait lourd, fait terriblement chaud... En même temps, c’est l’été, non ? Une saison, finalement, où on devrait s’attendre à transpirer... Mais l’habitude est prise, on se plaint, on geint, on râle, comme si ces jérémiades pouvaient faire autre chose qu’entretenir notre mauvaise humeur. Fait chaud, fait trop chaud ! Mais que fait la police ? Y a pas un vaccin anti calor ? Ou une pilule, une injection, un suppositoire, merde quoi ! Un truc qui rafraîchit d’un coup, qui garde, de manière constante, le corps à une température réfrigérée ! Ça existe pas une auto climatisation à porter comme un gilet pare balles ? Oui parce que là, si nos glandes sudoripares continuent à être autant sollicitées, on va finir par laisser des flaques derrière nous ! Et se blesser en glissant dessus !
Supporter ? Laisser couler les larmes d’une sudation qui s’emballe, voir son mascara nous faire des yeux de Panda sans brocher ? Avoir les mains moites, comme on déteste chez les autres ? Et voir ses vêtements plissés soleil alors qu’ils sortent du pressing, sans pleurer toutes les larmes de son corps ? Non, là, faut arrêter ! On ne supporte plus, on craque, on est à bout de nerfs, même si on sait que ça ne sert à rien de se prendre le chou et que ça va même nous faire monter la température.
Heureusement, il y a les grands magasins et leur oasis de clim’. Ouf ! Un bol d’oxygène pour regonfler nos petits poumons recroquevillés ! Une bouffée d’air frais pour thermoréguler notre épave en surchauffe ! C’est pas du shopping, c’est le parcours d’un combattant en sueur ! Voiture, salon de thé, boutiques, on fait le poisson dans son aquarium, avec des remontées en surface les plus courtes possibles. Brrrr.... mais, on se gèle, ici ! L’air conditionné, c’est bien tant qu’on passe pas à la banquise ! Vous avez pas une petite laine à me prêter ? Finalement, j’oublie mon verre de glaçons au coca light, je vais plutôt prendre un thé bien chaud !
Bon, allez, faut y retourner, courage ! C’est le brush qui en prend pour son compte ! Là sous les cheveux, la nuque est trempée comme du linge pas essoré ! Un vrai bonheur, ces bouclettes qui gondolent et remplacent le « raide comme des baguettes », obtenu à la force du poignet de Jean-Michel, qui s’est esquinté pendant trois quart d’ heure à faire rentrer mes ondulations dans le droit chemin ! Ce qui s’appelle « mettre l’argent à la poubelle » ! Allez, le meilleur endroit pour remettre un peu d’eau froide dans notre cervelle liposucée par la chaleur, c’est quand même de piquer une tête ! Ou plutôt barboter comme les bécasses à bouclettes, la tête en dehors de l’eau, pour ne pas anéantir complètement le « chignon déstructuré » ! Quelle chance d’avoir la plage à portée de natte ! Les cost guards à l’ombre de leur parasol, version frenchie d’ « Arlette à Malibu », pistent, jumelles au point, les sacs en plastiques qui flottent. Le premier coup d’oeil ressemble à un avertissement.
Fait tellement chaud et... tellement peu de baigneurs ? La réponse à mon « Méduses or not méduses ? » sonne comme le tocsin.
Lilas Spak





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