Or, Mme Bettencourt fait partie des généreux donateurs de Nicolas Sarkozy et de l’UMP dont le trésorier est le même ministre. Personne n’a encore dit de quoi précisément Woerth était coupable mais la meute s’est mise en branle. Au point de rendre la défense du ministre du Travail complètement inaudible face à un feuilleton dont les épisodes se succèdent à un rythme effréné.
Et pourtant, il y a du monde à danser au bal des hypocrites. Les liaisons dangereuses entre le pouvoir politique et les puissances d’argent ont toujours existé mais en France, on souffre souvent d’amnésie. La famille Bettencourt et nos hommes politiques ont partie liée depuis fort longtemps. Le mari de Liliane, André Bettencourt, a été ministre du Général de Gaulle et de Georges Pompidou : certes, la surface financière des Bettencourt n’était pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui, mais personne ne s’est indigné, à l’époque, de voir l’époux de l’une des grandes fortunes françaises devenir ministre de la République.
Le même André Bettencourt était aussi l’un des plus proches amis de François Mitterrand qui avait d’ailleurs dirigé, après la guerre, un magazine appartenant au père de Liliane Bettencourt, Eugène Schueller, le fondateur de l’Oréal. Devenu président, Mitterrand comptait dans ses visiteurs du soir l’un de ses plus vieux compagnons de route, François Dalle, le PDG de… l’Oréal. Conclusion : la dynastie Bettencourt et la politique, une vrai roman français…
Un gouvernement ramassé ? C’est une de ces mauvaises habitudes dont notre pays a le secret : une bonne quarantaine de personnes se retrouve autour de la table du conseil des ministres là où il n’y a qu’une quinzaine de ministres chez nos amis allemands, espagnols ou britanniques… Depuis le début de la Ve République, les promesses de gouvernement resserré ont rarement été tenues. Le nombre des secrétaires d’Etat explose littéralement sous la pression des évènements et… de l’air du temps : on crée un ministère pour résoudre un problème ou pour céder à une mode.
Reconnaissons que la composition d’un gouvernement relève d’une drôle d’alchimie : respecter la parité, faire monter des jeunes, veiller aux équilibres géographiques, soigner les différentes sensibilités de la majorité, ne pas oublier la société civile et faire toute leur place aux « poids lourds », selon l’expression consacrée. Bref, un exercice d’équilibriste auquel Nicolas Sarkozy va devoir se livrer sans doute plus tôt que prévu.
Bayrou, le 18 juin et Pétain. Le chassé-croisé entre Bayrou et Sarkozy a inspiré la verve du centriste Jean-Louis Bourlanges qui a fort bien résumé l’étrange pas de côté du président du Modem. Je ne résiste pas au plaisir de vous la proposer ici : « Il est difficile quand on a fait l’appel du 18 juin d’aller dîner avec le Maréchal ». Tout est dit !
Romain Thomas
Le blog : http://blog.romain-thomas.com





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