
Huit pronostics, huit résultats justes, un sans faute (lui) ! Et le mollusque sait ce qu’il fait. Il en marre de voir ces congénères terminer sur des planches pour servir de tapas à des hispaniques hystériques. Du coup, c’est dit et bien fait, l’Espagne a gagné ! C’est lui qui l’a dit ! Un poulpe a neuf cerveaux, forcément il cogite et plutôt bien. Les Espagnols vont être obligés par signe de reconnaissance de ne plus manger de poulpe à la plancha, en salade, en plat chaud, plus rien ! La contrepartie apparaît bien faible eu égard que l’équipe de football d’Espagne n’avait jamais brillé en Coupe du Monde, malgré qu’ils aient les meilleurs clubs du monde.
Avec le sens de la fête et de la vie nocturne qu’on leur connaît, les Espagnols ont fait un triomphe à leurs héros… digne du rassemblement de 1998 en France… Non, je ne ferai pas de comparaison entre le jeu à une passe, très collectif, épuré, chatoyant, agréable, technique, volontaire, d’une véritable équipe et les guignols que la France a cru bon d’envoyer en Afrique du Sud et qu’on espère ne plus voir, pour la plupart, sous
le maillot tricolore pour un bon bout de temps. L’Espagne si divisée, au bord de la rupture et en pleine crise économique, a retrouvé un semblant d’unité nationale autour de son équipe de football. La magie du sport a encore opéré et la furia de Madrid avec ces millions de personnes dans les rues restera comme l’une des plus belles images de ce mondial… et aussi la dernière… après celle de Paul, le poulpe, du bis de l’équipe de France… et des Vuvuzelas…
Les deux meilleurs joueurs de la soirée sont un résumé de cet état d’esprit. Iker Casillas, le madrilène, capitaine, a sorti des arrêts venus d’une autre galaxie, alors que le Catalan, Iniesta, a su crucifier le gardien hollandais dans les dernières minutes de la prolongation. De grands joueurs qui jouent sans arrière-pensées, un collectif bien rôdé, des différences laissées de côté le temps d’une compétition qu’ils avaient envie de gagner (eux), voilà ce qui nous a réjouis dans cette équipe. Un peu de joie, d’envie, et de bonheurs partagés.
Alors oui, Viva Espana !
Raymond Aquila





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