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De l’identité à l’appartenance nationale


jeudi 21 janvier 2010

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Lionnel Luca Député de la Nation - vice-président du Conseil Général des Alpes-Maritimes

Le débat voulu par le président de la République sur l’Identité nationale, qui était un engagement de campagne s’avère non seulement utile, mais indispensable.

Contrairement à ce que veut faire croire une certaine gauche, il n’y a rien de plus neutre que ces deux mots mis ensemble… ! Qu’est-ce que l’identité ? Sinon le caractère permanent et fondamental d’un individu ou d’un groupe ?

Qu’est-ce que la Nation ? Sinon une communauté d’hommes et de femmes installés sur un même territoire, avec une unité historique, linguistique, culturelle et économique.

Qu’y a-t-il donc de choquant, de dérangeant ou de « nauséabond » pour que la gauche après avoir refusé de participer au débat veuille le disqualifier et l’interrompre ?

C’est que depuis le régime de Vichy, la gauche a un problème avec la Nation ; elle ne se remet pas de cette période qu’elle instrumentalise et tout ce qui peut se référer à la Nation est désormais suspect a priori de nationalisme et pour tout dire de fascisme. Elle a d’ailleurs réussi à culpabiliser une droite modérée qui a abandonné le combat idéologique d’autant plus qu’une partie de celle-ci l’a également refusé au nom d’un idéal fédéraliste européen.

Le résultat, c’est qu’on n’a plus enseigné la Nation à l’école, qu’on n’a plus expliqué aux jeunes Français, quelle que soit leur origine, les raisons de se sentir Français, les raisons d’en être fier et les raisons de l’aimer. Ce refus d’appartenance a fait que la plupart d’entre eux sont devenus des consommateurs avec des droits et non des citoyens avec des devoirs. Se sentir Français désormais pour un jeune français, c’est uniquement à travers les exploits des sportifs et tout particulièrement des footballeurs parce que c’est le sport le plus populaire. On ne chante plus la Marseillaise à l’école malgré les consignes ; on la braille dans les stades… ou on la siffle !

Car pour une partie de la jeunesse d’origine étrangère, le refus d’appartenance à la Nation qui a accueilli leur famille se manifeste par le repli sur soi, sur la famille, les traditions, la religion et le pays d’origine ; d’où les drapeaux brandis dans ces mêmes stades ou dans les rues lorsque le pays d’origine gagne… !

Plus grave, la repentance érigée en système, a fait des cours d’histoire une flagellation permanente sur les crimes commis par tout ce qui a représenté la France au cours des siècles et plus particulièrement pendant la période coloniale assimilée à l’esclavage. Au-delà de la honte, c’est pour certains, un motif de rejet qui débouche parfois sur la haine.

Car la nouveauté c’est que des jeunes Français se fassent traiter de « sales Français » ou de « souchiens » par ceux-là mêmes qui sont les plus récemment installés en France ; c’est aussi les drapeaux français brûlés et des bandes qui insultent ou agressent de paisibles citoyens juste coupables d’avoir un emblème tricolore sur eux…

Pour marginal qu’il soit encore, le phénomène doit être pris en considération et supprimé.

Pour cela deux priorités sont essentielles :

  • la 1re est que l’école de la République redevienne l’école de la France ; une France universaliste dont le Général de Gaulle disait qu’il y avait « un pacte 20 fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ».

Quelles que soient les zones d’ombre qu’il ne faut pas cacher, les périodes lumineuses doivent être remises en valeur. « Il est bon qu’une Nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs » disait Albert Camus. Mais « il est dangereux en tout cas de lui demander de s’avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle », ajoutait-il.

C’est dans cette perspective que l’Histoire doit être enseignée avec également la littérature française et francophone qui, dans un monde matérialiste et américanisé, fait de notre langue un bien commun aux peuples qui se réfèrent à notre culture et qui est un facteur d’unité pour notre jeunesse.

  • La seconde est de rétablir un lieu et une période de rassemblement pour la défense des valeurs de la République et de la Patrie. Cela passe par l’élargissement de la Journée Préparation Défense (JPD) d’un jour à 5 jours dès l’âge de 16 ans jusqu’à 18 ans. Ces périodes doivent permettre de mélanger et sensibiliser une jeunesse d’horizons divers, de quartiers différents aux exigences de la Nation. Les lieux de rassemblement peuvent être des établissements scolaires du secondaire, des centres culturels ou sportifs avec les officiers et sous-officiers de nos différents corps d’armée.

Ces périodes peuvent aisément prendre place durant les congés scolaires pour ceux qui sont scolarisés comme pour ceux qui sont déjà dans le monde du travail. Elles doivent aussi être l’occasion d’un bilan personnalisé et favoriser une orientation professionnelle ou un engagement civique à travers la mise en place d’un service civil volontaire.

Telles sont les conditions nécessaires qui doivent permettre de mieux se comprendre, mieux se respecter et mieux vivre ensemble.

Car l’identité nationale qui est un concept neutre quand on n’est pas aveuglé par des fantasmes idéologiques, doit être un sentiment d’appartenance nationale qui unit toutes celles et tous ceux qui veulent continuer ensemble l’Histoire de notre pays.



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