
Fatigué, mais combatif. Choqué par ses conditions de détention, mais revanchard. Le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli, affirme à qui veut l’entendre qu’il se battra jusqu’au bout pour prouver son innocence dans une affaire immobilière où il est soupçonné de corruption passive et de trafic d’influence.
Curieusement, il se montre relativement indulgent sur l’homme du BTP, Lino Alberti, résident monégasque, dont les aveux l’ont fait tomber. Ce dernier a affirmé, puis répété en présence de ses avocats, avoir donné 65 000 € à Gérard Spinelli pour qu’il ne s’oppose pas à la construction d’une tour de 150 m de haut à Monaco à proximité de Beausoleil. « Je suis convaincu qu’au bout de deux jours de garde à vue, dans des conditions dégradantes, il a trouvé ce moyen pour s’en sortir au plus vite », affirme Gérard Spinelli. Et d’ajouter : « Je suis de nationalité française, j’ai des enfants, des responsabilités d’élu et je suis maintenu en détention, alors que lui, Italien, résident à l’étranger, pouvant être en relation avec des gens malhonnêtes, ressort libre de sa garde à vue. C’est à n’y rien comprendre ! »
Quant à sa réelle discrétion sur le projet immobilier : « J’assume cette position. Je ne suis pas favorable aux constructions de grande hauteur, mais je n’avais pas de moyens juridiques pour m’y opposer. C’est à l’État de le faire. Je ne mènerai donc pas un combat d’arrière-garde. De plus, je ne vais pas m’enchaîner sur la place du Palais de Monaco. Enfin, le ministre d’État de Monaco, Jean-Paul Proust, a écrit pour dire qu’on ne pouvait s’y opposer qu’en 2006 quand est parue l’ordonnance souveraine d’urbanisme. Après, c’était trop tard, de plus, en 2006, c’était Robert Vial le maire. »
Et l’élu de s’interroger sur « des hasards que j’aimerais bien que l’on m’explique ». Selon lui, bien qu’il ne puisse rien prouver, ni donner de nom, il y a une étonnante proximité entre son opposition à l’intégration de sa ville à la communauté d’agglomération et le début de ses déboires judiciaires. Gérard Spinelli, qui « ne sait pas encore » s’il va se retourner contre Lino Albert pour une éventuelle dénonciation calomnieuse, assure « qu’en revanche je poursuivrai l’État ».
À la question de savoir si son avenir politique n’est pas enterré, notamment après avoir été déjà condamné en tant que maire, il y a plusieurs années, une sanction effacée de son casier judiciaire, Gérard Spinelli affirme « qu’il n’y a que deux balles dans la tête qui pourront m’arrêter. Je suis persuadé que je dois continuer mon combat politique sans compromission. »
Yann Masson





Questions de justice

