
A 28 ans, Benjamin Abou est à la tête de l’empire Partouche de la Pointe Croisette à Cannes, avec une mission estivale d’envergure, un joli pari : redonner au site ses lettres de noblesse d’antan.
Le lieu mythique de l’époque avec son casino, le Bal des Petits Lits Blancs et les mille et une soirées de légende du Festival du Film, avec ses cohortes de stars du cinéma, c’est son modèle de référence, avec une obsession : rajeunir le tout et le remettre à la mode dans l’été cannois. L’époque a changé, aujourd’hui, l’heure est plus à la musique, mais désormais Benjamin a un atout de choix dans son jeu, il fait partie de la famille, a grandi dans cet univers où il a fait ses classes, sous l’œil avisé de Patrick Partouche. Son oncle, maestro des jeux en ligne et du Poker Tour, n’est jamais très loin, comme ce soir de « L’Opening Night » où, fin juin, pour la grande soirée d’ouverture, il a invité plus de trois mille Cannois pour leur présenter son nouveau bébé : le « Pool Beach Partouche ».
Le fils d’Isidore, créateur du 314 et initiateur depuis dix ans déjà du retour du Palm Beach sur la Pointe Croisette, a aujourd’hui décidé de « passer la main ». Ne cessant d’affirmer « place aux jeunes », il délègue et quitte Cannes de plus en plus souvent pour gérer les affaires à Paris, au plan national, avec la toile que tisse la famille dans l’empire des jeux où il s’est taillé une place de référence.
Premiers seins nus
Benjamin Abou, la jeunesse, il connaît. A Cannes depuis près de deux ans, après avoir été à la tête des Casinos Partouche, d’Aix-en-Provence à Saint-Amand dans le Nord, le voilà de retour au Sud où il peut déjà s’enorgueillir d’avoir créé, en 2009, la plage Partouche, face à l’île Sainte-Marguerite.
Haut-lieu de l’époque, connu pour les premiers seins nus, ses filles et son terrain de volley, tout comme les premières planches à voile que l’on rangeait derrière la ligne de tamaris, la plage était le lieu de rencontre chaque été, bien avant que n’y fleurissent des matelas alignés sur le bord de mer, bien avant que le lieu ne devienne lounge. Innovation, cet été, une piscine, et des carrés de coussins design où il fait bon s’allonger…
Son pari de l’été 2010, Benjamin Abou l’a construit sur une idée maitresse : le lieu doit renaître à tout prix, « night and day, day and night ». Il faut faire (re)venir le public et offrir ici aux gens le maximum pour que la Pointe Croisette soit ouverte de dix heures le matin jusqu’au bout de la nuit. Au cœur de ce site nouvelle version, le casino, le métier de la famille Partouche, un label, un empire patiemment construit depuis des années et qui aborde désormais, grâce à Patrick Partouche, un nouveau tournant avec Internet et la notion de jeu en ligne. A la Pointe Croisette, la gamme des jeux traditionnels est la plus ouverte possible avec les salles, les machines à sous et surtout une autre nouveauté de la Croisette, les tables, en extérieur, pour exploiter au maximum le site, en plein air, face à la mer et aux îles de Lérins. Idem pour la nuit où la famille a, là encore, dû lutter et s’adapter pour faire face à l’interdiction des fumeurs et du tabac.
Résultat : les boites comme les restaurants vont exploiter le site et être en plein air. Et comme à Cannes, on a la chance d’avoir un climat estival, Benjamin Abou et ses équipes ont créé de nouveaux concepts, toujours avec la volonté de faire venir le public plus souvent et surtout de le retenir le plus longtemps possible ! Ainsi, sur la piscine qui a fait la renommée du Palm Beach – d’où ce concept marketing de « Pool beach » décliné en force cet été - la famille a créé un lieu de concert immense où dès les prochains jours vont se succéder les plus grands noms de la musique américaine de préférence. Au Pool Beach, en effet, Benjamin veut se positionner différemment mais sur le même créneau que Le Palais des Festivals qui, depuis des années, invite tout au long de l’été tout ce que compte le petit monde des DJ vedettes.
La part belle aux Américains
Au Pool Beach, dans la tradition de ce qui a fait, à l’époque, la grandeur du lieu, on a donc choisi de faire la part belle aux Américains, aux vedettes qui chantent plutôt qu’a la musique « house », et c’est pour cela que le ton a été donné, dès l’ouverture, avec l’inoxydable Gloria Gaynor. Pour l’été 2010, l’affiche est rare, prestigieuse et met le ticket d’entrée entre 30 et 45 euros pour les folles soirées. (Voir ci-joint le programme).
Cannes va ainsi voir défiler Estelle, Missy Elliot, David Vendetta, Farrel et quelques autres dont les noms s’échangent dans le secret, tout comme la hauteur des cachets payés en dollars. Avantage du Pool Beach, la famille Partouche s’est alliée pour ce faire avec le VIP Room de Saint-Tropez, qui, depuis quelques années en mai, est ici son invité de marque à chaque Festival du Film. En bon gestionnaire, Benjamin partage ainsi les frais sur plusieurs dates sur la Riviera. Sage calcul car, pour affronter l’été 2010, les investissements ont été de taille. Au-delà de la technique qui est décisive, si l’on veut que les stars des DJ viennent taquiner les platines, le Palm Beach s’est aussi refait une beauté côté mobilier, très couleurs du Sud, surtout à l’extérieur dans cet esprit lounge très tendance qui se décline de Monaco à Saint-Tropez. Au-delà des boites en terrasse pour la musique et les concerts, Benjamin a encore orchestré les tables où l’on peut déjeuner et dîner avec une offre qui va du libanais, de la table du bord de mer aux sushis avec, en plus une table cacher, un détail incontournable dans la famille.
Le téléphone sonne, Benjamin qui n’a pas cessé d’avoir un œil partout pendant toute la durée de notre entretien sonne ainsi la fin de l’entretien. Il repart dans la nuit, silhouette fine, montée sur ressorts, sur les nerfs, avoue-t-il, sans jamais baisser la garde.
Il est deux heures du matin et Benjamin n’est pas encore couché. Demain, il sera encore sur le pont de l’empire Partouche, et ce jusqu’au 21 août pour le Summer Club de Cannes du « Pool Beach », avec toujours cette volonté forcenée de gagner son pari estival.
Frédéric Jaubert





Villes à la une

