Cannes en orbite pour la conquête spatiale

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez était à Cannes la semaine dernière. Il est venu dévoiler la stratégie spatiale française pour les prochaines années.
Dans les salles blanches de Thales Alenia Space, on fait les derniers réglages sur quelques satellites presque prêts à rejoindre les pas de tir. Chez le fabricant de satellites de la Bocca qui affichait en 2011 un chiffre d'affaires de plus de 2,1 milliards d'euros, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est venu témoigner de sa fascination pour un secteur « d'avenir aux retombées économiques massives ». « Cannes est accessoirement une ville de festivals et principalement une ville du spatial », souriait Laurent Wauquiez, venu sur La Croisette, dévoiler la stratégie spatiale française de ces prochaines années. « On a les paraboles pour la télé, des systèmes de guidage pour se déplacer ou pour secourir des gens en mer, en montagne... On utilise l'Internet à haut débit, on suit la météo, on s'en sert pour la sécurité... L'espace, et la politique spatiale, ce n'est pas un luxe », a martelé le ministre de l'Enseignement et de la Recherche : « C'est notre vie quotidienne ».
Un euro investi, 20 euros de retombées
Le ministre a annoncé aussi à Cannes la mise en ligne d'une rubrique Internet destinée au grand public (http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/strategie-spatiale-francaise) « pour que nos compatriotes s'approprient davantage cette politique ». « Une politique qui, en dépit de la situation budgétaire difficile, a permis depuis cinq ans de renforcer l'ambition spatiale de notre pays : la France a ainsi augmenté de 16% son budget spatial civil annuel entre 2007 et 2012 », a rappelé le ministre. Et ce ne devrait pas s'arrêter là . Car, « quand on investit un euro dans les infrastructures spatiales, cela en rapporte vingt à l'économie », ont rappelé de concert Laurent Wauquiez et Yannick D'Escatha, le PDG du Centre national d'études spatiales.
Une préférence européenne
Dans les grandes lignes, la France entend ainsi « accélérer le développement d’applications et de services à haute valeur ajoutée, mener une politique industrielle ambitieuse harmonisée au niveau européen en tenant compte de façon pragmatique des acquis des principaux acteurs et surtout jouer un rôle moteur au sein de l’Europe de l’espace, maintenir l’indépendance technologique et d’accès à l’espace, notamment par le biais d’une préférence européenne pour tous les besoins institutionnels européens ». Pour jouer des coudes dans la conquête spatiale et rivaliser avec la Chine ou les Etats-Unis, Laurent Wauquiez a appelé les deux géants français Thales et Astrium à se rapprocher et souhaité « une préférence européenne », dans le secteur. « On ne va pas envoyer un satellite français avec un lanceur chinois, d'autant plus lorsqu'il a s'agit de commandes publiques », a-t-il dit.
Fabien Binacchi
Photo : Laurant Wauquiez en visite chez Thales Alenia Space


