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Delphine Batho veut « remettre l’école au cœur de la République »

Delphine Batho veut « remettre l’école au cœur de la République »

Delphine Batho, porte-parole du candidat Hollande et députée socialiste des Deux-Sèvres, était à Nice jeudi dernier pour rencontrer des membres de la Fédération locale des conseils de parents d'élèves (FCPE). Son but : les soutenir dans leur lutte face aux fermetures de classes annoncées et dénoncées au cours d’une manifestation, le 16 février dernier.

«Je viens militer à Nice pour faire connaître les idées de François Hollande », scande d’emblée Delphine Batho, aux abords de l’école Fuon Cauda, à Nice. Elle est depuis le 16 novembre porte-parole du candidat socialiste à la présidentielle. Alors que dans le département, 43 classes seront fermées et que 61 postes d’enseignement dont 40 du Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté seront supprimés dès la rentrée prochaine, l’ex-ségoliste a sauté sur l’occasion pour rappeler que la jeunesse est l’un des thèmes-phares du programme de François Hollande.

Vers une refonte globale de l’école ?

« La situation de ce département est exemplaire en matière de mauvais choix nationaux. Pour y pallier, François Hollande propose justement de remettre l’école au cœur de la République », avance-t-elle, tout en promettant aux membres de la FCPE 06 d’entamer les premiers pas vers une refonte globale de l’école.

Delphine Batho explique, à cet effet, qu’en cas de victoire des socialistes, la priorité serait donnée à la maternelle, au primaire puis au collège. Ce qui permettrait de rétablir, grâce à un nouveau budget, une partie des 77 000 postes d’enseignants supprimés depuis cinq ans par l’actuel gouvernement.

5 enseignants pour 100 élèves en primaire

« Cela ne serait pas du luxe étant donné que cette politique de suppression d’emplois ne répond qu’à une logique strictement comptable », note Patrick Allemand, premier secrétaire fédéral du PS 06 qui appelle à un gel des suppressions de postes dans le département.

« La France reste d’ailleurs le pays disposant du plus faible taux d’encadrement en primaire avec 5 enseignants pour 100 élèves. Ce qui est d’autant plus scandaleux que des postes continuent d’être supprimés alors que tous les indicateurs montrent que le nombre d’élèves, lui, ne cesse d’augmenter », dénonce-t-il. « Qu’on arrête donc de considérer les enseignants comme des pions et les écoles comme un jeu d’échec », ajoute à son tour Evelyne Ragot, trésorière de la FCPE 06, association en lutte contre « le démantèlement du service public d’éducation ».

Une nouvelle école pour les professeurs ?

Pour reconstruire l’école dont le niveau n’arrête pas de s’effondrer, Delphine Batho va ensuite plus loin : « Le fait est que 40% des enfants qui entrent au collège ne connaissent pas bien le français parce que 70 % des professeurs sont de plus en plus inexpérimentés ».
Pour y remédier, celle qui fût présidente de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne n’exclut pas la création d’une nouvelle école supérieure dédiée à une formation plus poussée des enseignants, laquelle serait comparable à celle qui était assurée par les IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres).

Une répartition budgétaire téléguidée

« Dans une situation où les enseignants ne savent plus vers qui se tourner, voici les réponses qu’apporterait François Hollande si la responsabilité de la France lui était confiée », affirme sa porte-parole. « Si cela se fait, je ne manquerais pas de vous rappeler ce que vous venez de nous promettre », prévient alors Evelyne Ragot. Ce à quoi Delphine Batho répond que la répartition budgétaire serait aléatoire selon les départements. « François Hollande commencera par là où les besoins sont les plus importants ».

Olivier Porri-Santoro

Photo : Delphine Batho et Patrick Allemand, entourés de parents d’élèves © J.C Felt

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