Accueil

Dominique Estrosi-Sassone : « L’Ariane n’a pas à être sauvée ! »

Dominique Estrosi-Sassone : « L’Ariane n’a pas à être sauvée ! »

La politique de l’habitat est devenue la compétence de Dominique Estrosi-Sassone. Cette élue volontaire et particulièrement impliquée a su faire l’unanimité, tant sur le plan local et municipal, qu’à l’échelle régionale et nationale. C’est en tant que présidente de Côte d’Azur Habitat que Dominique Estrosi-Sassone évoque sans détours, l’habitat, la sécurité, et la rénovation de l’Ariane.

LPN : On injecte encore 40 M€ dans l’Ariane. Est-ce que ce quartier peut être sauvé ?

Dominique Estrosi-Sassone : L’Ariane n’a pas à être sauvée. Ce n’est pas une zone de non-droit, ni un ghetto urbain, seulement un quartier sensible… La problématique essentielle est le chômage, pas la délinquance qui n’est pas plus importante ici qu’ailleurs, surtout comparé aux grands centres urbains nationaux.

LPN : Il existe à l’Ariane une économie souterraine très active tout de même…

D. E-S. : On ne peut le nier mais ce quartier dispose de beaucoup d’atouts comme un environnement ouvert, verdoyant avec le parc des Tripodes. On n’a pas le sentiment d’enfermement comme aux Moulins. L’habitat est dense, dégradé certes, on a construit vite et trop haut pendant des années. L’opération de rénovation urbaine va remédier à cet état des lieux.

LPN : Qu’en est-il des démolitions ?

D. E-S. : Les bâtiments insalubres comme la tour 4 seront détruits et reconstruits courant 2014. Mais je voudrais insister sur la qualité de vie à l’Ariane. Il y a des équipements publics comme un gymnase, un collège, une piscine, un centre socio-culturel… et on va y ajouter une bibliothèque, un 2e gymnase pour les quartiers Nord qui sera dédié au football en salle et au handball, comme les jeunes du quartier le souhaitent. Sur le plan culturel, le théâtre Lino Ventura propose une programmation très intéressante.

LPN : Est-il facile de s’y rendre la nuit en toute sécurité ?

D. E-S. : Le parking est surveillé. Vous savez, ce quartier véhicule des peurs irrationnelles. On peut se faire agresser partout, pas spécialement à l’Ariane. C’est un quartier qui se soigne plutôt bien, on y vit presque normalement. Notre action favorise l’égalité des chances, l’insertion économique, la mixité sociale…

LPN : La mixité sociale n’est-elle pas un leurre ? Peut-on y croire ?

D. E-S. : L’Ariane, de par sa conception architecturale et la diversité de ses populations en est un exemple criant. Il y a certes, beaucoup de logements sociaux, mais aussi des copropriétés privées au sud, ainsi que de petites maisons individuelles au pied des collines notamment dans le lotissement des Pâquerettes. Cette mixité s’est délitée avec le temps, à nous de la réintroduire avec des accessions à la propriété, des logements libres à la vente et bien sûr des logements sociaux…

LPN : Y-a-t-il des candidats pour habiter à l’Ariane ?

D. E-S. : Vous savez, les Niçois viennent à l’Ariane, au centre Django Reinhardt pour la qualité des cours de musique et de danse, au théâtre Lino Ventura, les entreprises s’y sont implantées grâce à la zone franche. On réussira le pari d’un habitat à taille humaine, adapté à l’environnement. Les conditions de loyers sont attractives. Le défi est lancé, il n’est pas encore gagné car les opérations de reconstruction, notamment des îlots St-Pierre, ne sont pas terminées (NDLR : fin des travaux en 2015). Mais on a l’exemple de Pasteur, les populations sont venues dans les logements sociaux reconstruits, surtout les personnels du CHU, tout proche. Les raisons ? Le loyer, je l’ai dit, mais aussi une belle architecture et des conditions de vie agréables.

LPN : Encore faut-il des commerces de proximité…

D. E-S. : Il y en a à l’Ariane et on va en créer d’autres au pied des immeubles reconstruits ou réhabilités. On est conscient qu’il faut une offre plus diversifiée que les snack-bars dans certains secteurs. Encore une fois, l’Ariane n’a pas à être sauvée, elle est en cure et elle se porte plutôt bien.

Propos recueillis par Pascal Gaymard

LE PETIT NICOIS
2 rue Désiré Niel
06000 NICE
Tél.: 04 93 13 79 89
secretariat@lepetitnicois.fr