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Grandes manœuvres estivales

Grandes manœuvres estivales

Sarkozy dans les starting-blocks. Comme François Mitterrand et Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a désormais la parole rare. Cela tranche avec le début du mandat : le président de la République s’était convaincu de faire l’évènement tous les jours.

Le chef de l’Etat se « représidentialise », disent pompeusement éditorialistes et spécialistes de l’opinion. Les Français semblent apprécier ce style présidentiel plus académique à en croire les sondages. Il faut dire que l’actualité sert Nicolas Sarkozy. Qu’il s’agisse de l’intervention en Lybie, des drames qui touchent nos militaires en Afghanistan ou de la crise de l’euro, le président est mobilisé sur tous les fronts. « Je m’occupe des Français. Les socialistes préfèrent s’occuper d’eux », aurait fait valoir récemment Nicolas Sarkozy à quelques proches.

Cela n’empêche pas le chef de l’Etat de préparer activement la campagne présidentielle. En coulisses, il est à la manœuvre. Il s’appuie sur l’UMP dirigée par un Jean-François Copé très actif. On ne gagne pas une élection sans un parti bien organisé. Le projet est élaboré par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui recense cet été toutes les contributions.

Nicolas Sarkozy semble miser sur une campagne courte, comme François Mitterrand en 1988 : une déclaration de candidature, la plus tardive possible, et deux ou trois grands meetings. La France unie : c’était le slogan du candidat Mitterrand pour sa réélection. Et si Sarkozy devenait mitterrandien en 2012 ?

Une primaire pour le centre. Ses partisans l’assurent : Jean-Louis Borloo sera bien candidat à l’élection présidentielle. Le président du Parti Radical se prépare, paraît-il. Il réfléchit à la composition de son équipe de campagne et veut mettre l’été à profit pour rencontrer les Français.

L’ancien ministre d’Etat a déjà réussi à fédérer les familles jusqu’à présent éparpillées du centre. Seule ombre au tableau : François Bayrou qui demeure, qu’on le veuille ou non, le candidat centriste de référence, a refusé de passer sur les fourches caudines de l’Alliance qui rassemble les amis de Borloo, d’Hervé Morin, d’Hervé de Charrette et de Jean-Marie Bockel.

Pour Bayrou, il est impossible de rejoindre ceux qui siégeaient, il y a quelques mois encore, sur les bancs du gouvernement et qui, désormais, font sécession avec une majorité dont ils ont été solidaires depuis quatre ans. C’est d’ailleurs là la principale faiblesse de Borloo. Elle concerne un autre prétendant, Hervé Morin, le président du Nouveau Centre qui n’a pas renoncé à se présenter à l’Elysée. Et si une primaire opposait, à l’automne, Borloo et Morin comme Joly et Hulot chez les écologistes ?

Les socialistes en campagne. Six candidats sont donc sur la ligne de départ pour la primaire : Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet. La campagne va battre son plein pendant tout l’été. Le week-end dernier, tous les prétendants à l’investiture socialiste ont défilé au Festival d’Avignon. Martine Aubry a ainsi promis que le budget de la culture serait augmenté de 30 à 40% si elle était élue à l’Elysée. Surenchère inutile a répondu François Hollande qui assume un discours de rigueur sur les finances de notre pays.

« La dette est l’ennemi de la gauche et de la France », a déclaré au Monde le député de Corrèze avant d’ajouter : « Le candidat qui annonce qu’il n’y aura pas d’efforts supplémentaires après 2012 sera un président qui se parjurera ». « Vérité et espérance » : tel est le crédo de l’ancien premier secrétaire du PS dans la lignée de Michel Rocard et de son « parler vrai ». Et si le rocardien François Hollande gagnait la primaire ?

Romain Thomas