Métropole : une première dédiée aux transports…

Pour la première plénière après l’élection du nouveau président, Christian Estrosi, la réunion des conseillers métropolitains a été riche en enseignements.
Que ce soit dans la gestion de la séance et des interventions ou dans les thèmes abordés, de grandes lignes se dessinent…
La démocratie participative à la Métropole…
D’emblée, une réflexion s’impose, l’opposition a décidé de faire de la Métropole une enceinte politique où toutes les délibérations seront discutées et commentées en public. Pour autant, les élus de gauche seront représentés dans toutes les commissions et non plus à deux mais probablement à trois représentants, Christian Estrosi suivant Patrick Allemand sur ce terrain. En effet, le leader du PS s’était ému de n’avoir pas été consulté sur le passage de de 40 à 50 membres en commissions, le compte n’y étant plus pour la gauche. Quant à Mari-Luz Hernandez-Nicaise s’émouvant des 5mn de temps réglementaire pour une réponse, le 1er vice-président, Louis Nègre, présentant la délibération sur le sujet, s’est voulu conciliant tout comme le président. Pour preuve, quelques minutes après le début de la séance, l’élue Vert a eu tout le temps de s’exprimer à propos du Plan de déplacements urbains (PDU)… « Nous ne ferons pas comme à la Région Paca où au bout de 5mn, Michel Vauzelle coupe le micro de son contradicteur » a souligné Christian Estrosi.
Et puis, parce que cette première séance n’aurait pas été exhaustive sans un énième affrontement sur le logement, une nouvelle fois, Dominique Estrosi-Sassone a repris le conseiller PS, Paul Cuturello, qui avait annoncé « une délibération administrative quelque peu subliminale ». L’élue a rappelé que le Plan local d’urbanisme (PLU) avait été réalisé à 87% et que la Ville de Nice n’était plus soumise à paiement de taxes SRU pour ne pas respecter les 20% de logements sociaux qu’impose la loi. « On agrée, on finance, on réalise, je ne vois rien de subliminal dans tout ça.
Nos objectifs du PLU ont été approuvés et jugés conformes par le préfet selon les dispositions de l’article 55 de la loi SRU ». Et d’annoncer aux élus métropolitains en avant-première, le satisfecit donné par la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel qui relève que « pour la première fois, Nice figure parmi les bons élèves en matière de logement social ».
Par souci de bonne gouvernance et d’information, Christian Estrosi a proposé une nouvelle règle à Paul Cuturello : « Comme vous semblez dire que tout ce que dit Dominique Estrosi-Sassone est faux alors que tout figure dans le rapport de la préfecture, vous n’avez qu’à produire vos propres documents et nous les étudierons avec attention. En attendant, nous ne sommes plus soumis aux taxes de la loi SRU et ça, c’est une réalité ».
Une question de tunnels…
Après cet intermède ou mise en bouche, c’est selon, le « gros » de cette plénière a concerné les transports et notamment les tunnels. Sur celui de Malraux, le conseiller PS, Yann Librati, a estimé que c’était « l’un des endroits les plus pollués de Nice » et s’est dit porteur de propositions. Le président de la Commission transports, urbanisme et grands travaux, Alain Philip, a répondu que les 20M€ engagés étaient justement pour rendre le tunnel plus aéré au vu des 60 000 véhicules/jour passant dans les deux sens à cet endroit.
« L’environnement est pris en considération dans toutes nos décisions » a-t-il assuré. Pour Mari-Luz Hernandez-Nicaise, « nous avons une obligation de résultat à propos du PDU ». Alain Philip s’est voulu rassurant en assurant l’élue Vert « que nous travaillons sur des diagnostics très élaborés et en collaboration avec l’ensemble des maires pour arriver à un PDU le plus opérationnel possible ». Puis, c’est Paul Cuturello qui a attaqué le projet de tunnel Mathis afin de désengorger la sortie de la voie dite rapide. Beaucoup de questions chez l’élu socialiste : « Quel calendrier ? Quelle solution retenue en tube ou pas selon la concertation menée sous Jacques Peyrat ? Quid de la négociation avec Escota sachant que cette société propose un échangeur de sortie sur la route de Grenoble ? ».
Alain Philip, là encore, n’a esquivé aucune réponse. Le calendrier ? « La concertation aura lieu au 1er semestre 2012 ». La solution ? « Vos références datent de la précédente municipalité et n’étaient pas recevables, on verra après la concertation ». La négociation avec Escota ? « On connaît leurs arguments, on travaille en concertation et bien sûr nous prenons leurs travaux en compte dans nos réflexions ». Christian Estrosi a ajouté : « La concertation sous Peyrat, c’était 74 avis dont 8 hors sujet. Nous, on espère 5 000 avis comme pour la ligne 2 du tramway. Nice a besoin de fluidité dans sa sortie de ville ». Il a annoncé un nouvel échangeur sur l’A8 qui permettra de rejoindre directement la RD 6202 bis dès avril prochain…
Les autoroutes de la mer en vogue…
Le dernier sujet sur les transports a concerné les autoroutes de la mer qui devraient se mettre en place entre Gênes et Nice. Pour Louis Nègre, « c’est l’un des projets les plus importants de la Métropole ». Le but est avoué : moins de camions sur l’A8 et plus de fret maritime. « Cela s’inscrit dans une démarche européenne » insiste Louis Nègre qui rappelle que le trafic des poids lourds représente 68 camions/heure et 600 000 par an sur l’A8. Répondant à une question de Rémi Gaechter, Christian Estrosi a assuré l’élu Vert qu’une éco-taxe sur les poids lourds empruntant l’axe méditerranéen entre Menton et Vintimille verra bientôt le jour. « Notre autoroute est 60% moins chère que le passage par le tunnel du Mont-Blanc, nous voulons une égalité de tarif pour ne plus à avoir à subir cet afflux massif de camions déversant leurs CO² sur la Côte d’Azur ». Il a demandé la validation de cette éco-taxe par les instances européennes comme le droit l’exige. « Nous finalisons le texte de cette éco-taxe avec nos juristes ».
Et de conclure : « Les transporteurs auront tout intérêt à utiliser les autoroutes de la mer car l’Europe prévoit des compensations financières dans le cadre du processus MOS 24 ». Si tout le monde est gagnant/gagnant, nul doute que l’éco-taxe devrait être adoptée puisqu’entrant dans les préoccupations environnementales tant locales qu’européennes. D’ailleurs, le dernier comité directeur sur le sujet s’est déroulé à Nice, le jeudi 2 février, le précédent ayant eu lieu à Bruxelles… L’environnement, les transports, le logement, voilà bien les priorités de la première Métropole de France.
Pascal Gaymard


