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Rencontres de Weimar à Antibes : « Pas de croissance sans discipline budgétaire »

Rencontres de Weimar à Antibes : « Pas de croissance sans discipline budgétaire »

En tant que ministre des Affaires européennes, Jean Leonetti a tout naturellement proposer la villa Eilen Roc de sa ville d’Antibes pour accueillir les rencontres de Weimar (1) avec ses homologues, l’Allemand Michael Link, et le Polonais, Nicolaï Dowgielewicz.

Derrière un assaut d’amabilités, il y a une réalité, celle d’une convergence de vues entre trois ministres représentants trois pays et qui ont œuvré pour faire avancer plus rapidement certains dossiers.

Brevet européen opérationnel fin juin 2012

L’Europe est une énorme machine qui progresse à son rythme et les Rencontres de Weimar sont là pour changer de braquet, pour travailler sur deux grands dossiers, le traité de mécanisme européen de stabilité et le traité sur la croissance et l’emploi. Jean Leonetti est passé très vite sur le mécanisme européen de stabilité, « qui marque la fin de l’instabilité financière, basée sur la solidarité et la rigueur ». Il a préféré insister sur la croissance et l’innovation en annonçant la création d’un Brevet européen, opérationnel dès fin juin 2012.

« Il faut avancer sur les 12 points du plan Barnier notamment sur le marché numérique, les facilités financières aux PME, la mobilité des jeunes et la promotion de l’apprentissage ». Sur le sujet du chômage des jeunes, 22 milliards d’euros du Fonds social européen (FSE), pris sur des enveloppes non utilisées, vont être investis pour accroître les qualifications et la mobilité des jeunes au sein de l’Union européenne (UE). Ces fonds devraient permettre aux PME d’être plus compétitives « afin qu’elles améliorent leur capacité d’exportation vers les pays émergents qui doivent être plus ouverts » dixit Jean Léonetti.

Le principe de réciprocité…

Autre point central du discours du ministre français, la réciprocité « qui n’est pas un protectionnisme ». Il s’agit d’ériger une règle équitable dans le commerce international avec notamment la Chine, les États-Unis ou le Canada. Pour Michael Link, il ne peut y avoir de solidarité sans efforts financiers, « la règle d’or doit être actée dans tous les pays européens ».

Après le mécanisme européen de stabilité, il affirme qu’il faut désormais « faire progresser les marchés intérieurs tout en allégeant les charges fiscales sur le travail ». M. Link ajoute : « Si on prend les bonnes mesures, on pourra retrouver le chemin de la croissance rapidement ». Son homologue polonais, lui, n’a pas ce problème puisque son pays ne connaît pas la récession. « Nos meilleurs partenaires économiques sont la France et l’Allemagne… Tous les autres pays de l’UE doivent bénéficier de cette situation ». Jean Leonetti a rappelé un postulat essentiel, « il n’y a pas de croissance sans discipline budgétaire » et de prendre l’Allemagne comme exemple. La commission européenne rendra ses conclusions le 21 mars prochain sur la réciprocité.

« Irréaliste et dangereux »

Le ministre polonais, Nicolaï Dowgielewicz, a résumé le sentiment ambiant : « La crise doit être surmontée avec plus d’Europe ». Il a rappelé l’enjeu de cette rencontre, préliminaire aux négociations « qui s’annoncent difficiles sur le budget de l’Union européenne ». Les discussions semblent bien engagées et chaque ministre a rappelé l’aspect « irréaliste et dangereux d’une renégociation du traité sur le Mécanisme européen de stabilité ».

À propos de Schengen, le dossier est sur la table de la commission européenne qui étudie les propositions françaises de 2011 « afin de rendre les frontières de l’Europe plus sûres suite aux révolutions arabes ». S’il ne s’agit pas de remettre en cause le principe de libre circulation des biens et des personnes, il faut signifier à la Grèce « que la porosité de ses frontières n’est plus tolérable ». Face aux problèmes actuels de ce pays, ne faudrait-il pas envisager la création d’un service européen des douanes ? Et comme une promesse, Jean Leonetti assure que la France sera en croissance en 2012 comme 2013… À Antibes, l’Europe s’est trouvée un destin… à trois.

Pascal Gaymard

(1) Les Rencontres de Weimar : Elles datent de 1991 où les trois ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais,
se sont réunis à Weimar sur les thèmes de l’entrée de la Pologne à l’UE et la réconciliation germano-polonaise sur le modèle franco-allemand.

Photo : Jean Leonetti, entouré de Michael Link et de Nicolaï Dowgielewicz

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