Survivre jusqu'en 2013 !

Son maintien assuré d'un cheveu lors de la dernière journée, l'OGC Nice n'aura pas vraiment le temps de le savourer. En attendant la livraison de l'Olympic Stadium, prévue pour juillet 2013, le club va encore devoir lutter dans la cour des grands avec des moyens et des ambitions de lilliputiens.
C'était une saison compliquée. On a connu des hauts et des bas. On sort fatigués de cette saison, mais au final, on aura atteint l'objectif minimal. Il n'y avait pas une grande joie dans le vestiaire après ce match, mais plutôt un grand soulagement ». En écoutant Hugo Lloris au sortir de la victoire de l'OL à Monaco dimanche soir, on pouvait presque imaginer que « l'enfant du Ray » porte encore les couleurs de son club formateur. Ses mots n'étaient en effet pas si éloignés de ceux d'Eric Roy : « Les joueurs sont allés au bout d'eux-mêmes, mais c'est une grande satisfaction de se maintenir. La saison a été longue et éprouvante pour tout le monde ».
Ce qui est certain, c'est que l'OGC Nice peut une nouvelle fois remercier l'actuel gardien de l'équipe de France. Car dimanche, il a été le principal artisan du maintien de son ancien club en Ligue 1 en repoussant toutes les tentatives, certes désespérées, du voisin monégasque d'éviter la « charrette ». Lyon vainqueur au Louis-II grâce à Lloris, et c'est tout le peuple nissart qui peut souffler.
« Putain, deux ans ! »
Comme l'a souligné le coach, cette saison a été éprouvante. Au Gym, chacun aurait signé l'été dernier pour un maintien, même acquis à la dernière journée, et une demi-finale de Coupe de France perdue contre le futur vainqueur lillois, qui plus est auteur du doublé « Coupe-Championnat ». Mais celle-ci tout juste achevée, il faut bien reconnaître que l'OGC Nice est à bout de souffle. Sans stade et centre d'entraînement dignes d'un club de l'élite, le Gym est exsangue, d'autant plus que son centre de formation n'a pas encore le rendement espéré.
En attendant la livraison en 2013 de l'Olympic Stadium, qui donnera un nouvel élan au club, il va donc falloir tenir deux (longues) saisons avec des bouts de ficelle.
« Putain, deux ans ! », cette célèbre réplique que « Les Guignols de l'Info » prêtaient à Jacques Chirac deux ans avant son arrivée au pouvoir en 1995, colle désormais à la peau d'un club qui traîne comme un boulet son manque forcé d'ambition. Presque dix ans après son retour en Ligue 1, l'OGC Nice n'a jamais été aussi proche de retrouver la Ligue 2, même si l'on n'oublie pas que cette saison 2010-2011 s'est avérée exceptionnelle sur le plan comptable. Avec 46 points, les Aiglons auraient assuré leur maintien bien plus tôt lors des précédents championnats. Mais se cacher derrière cette anomalie statistique serait absurde, tant le niveau de jeu de l'équipe a été irrégulier cette saison. La faute à un effectif trop juste pour espérer mieux.
Une équipe bancale
Dès le départ, avec l'inéluctable transfert de Loïc Rémy amputant un effectif déjà juste en qualité, on savait que la saison serait compliquée pour l'OGCN, et la marge d'erreur très réduite. Or, entre déceptions et blessures, rien n'a été épargné à Eric Roy et son staff, qui peuvent quand même se féliciter d'avoir signé Civelli, Pejcinovic et Clerc en 2010. Les deux premiers forment une charnière centrale crédible et le dernier a rendu bien des services en palliant l'absence d'un latéral gauche d'envergure, un manque peu compatible avec les exigences de l'élite.
Idem au milieu, où le gaucher Anthony Mounier n'a jamais eu son pendant côté droit, tandis qu'en attaque, Rémy n'a pas été remplacé même si Mouloungui a parfois tiré son épingle du jeu, surtout en fin de saison. Même dans les buts, la troisième saison niçoise de David Ospina a été parfois compliquée, alors que Lionel Letizi a profité de la Coupe de France pour effectuer son baroud d'honneur. N'oublions pas les longues blessures de David Hellebuyck et Emerse Faé, qui n'ont jamais pu évoluer ensemble dans un entrejeu. Un secteur où, fort heureusement, on a retrouvé un Julien Sablé taille patron (surtout sur la fin) et un Didier Digard qui, à son poste de récupérateur, fut le seul joueur niçois pouvant soutenir un début de comparaison avec les meilleurs éléments de L1.
Cet exercice 2010-2011 aura amené quelques satisfactions, mais beaucoup trop de déconvenues. Habib Bamogo n'a jamais eu sa chance, Mamadou Bagayoko est payé à ne rien faire depuis des mois et David Bellion, heureusement prêté par Bordeaux, a été cataclysmique, très loin du niveau qui lui avait permis de quitter Nice pour rejoindre les Girondins en 2007.
50% de l'effectif à reconstituer
Cette saison, le Gym n'avait pas l'équipe pour espérer mieux, certains diront que c'est presque un miracle qu'elle soit parvenue à se maintenir. On peut le supposer en entendant Eric Roy confirmer que « c'est notamment compliqué de n'aligner que treize pros sur la feuille pour le dernier match ! ». Confirmé pour la saison prochaine par les dirigeants dans la foulée du dernier match perdu à Valenciennes, le coach veut désormais « voir comment on peut faire pour que la saison prochaine soit moins difficile ». Cela passera par une bonne gestion de l'effectif durant l'intersaison, soit un secteur pas simple du tout et encore moins quand on a un budget limité et la moitié d'un effectif à reconstruire.
Entre les joueurs en fin de contrat qui ne seront pas renouvelés (Bamogo, Bagayoko, Cantareil, Paisley et le retraité Letizi) ou ont repoussé la prolongation offerte (Gace, Ben Saada), ceux qui sont prêtés et retourneront très probablement dans leur club (Bellion, Digard, Traoré) et ceux qui pourraient aller voir ailleurs (Mounier, Ospina), c'est une douzaine de joueurs que le Gym va devoir remplacer.
Arrivés sur la pointe des pieds en équipe réserve au mois de janvier, Llyod Palun et Kevin Malaga seront conservés dans le groupe pro, que les jeunes Nyuadzi, Leroux et Bahoken ne devraient plus tarder à intégrer. Ce dernier, fils d'un ancien international camerounais, a d'ailleurs fait sa première apparition en L1 à Valenciennes le week-end dernier. A cette jeunesse montante, il va falloir ajouter un solide recrutement qui ne pourra l'être que si le club négocie au mieux les départs de David Ospina et Anthony Mounier, seules valeurs marchandes de l'effectif avec le défenseur serbe Nemanja Pejcinovic.
Baky ou l'improbable retour
On sait déjà que, quoi qu'il arrive, le gardien de but péruvien Raul Fernandez intègrera l'effectif. Soit en numéro 2 si Ospina, sous contrat jusqu'en 2014, reste, soit comme titulaire si le Colombien s'en va, en concurrence tout de même avec une doubleur d'envergure à dénicher puisque Lionel Letizi prend sa retraite.
Autre nom qui circule depuis quelques temps déjà : celui du latéral gauche argentin Fabian Monzon, champion olympique 2008 et actuellement à Boca Juniors. Pour le même poste, les dirigeants se seraient récemment renseignés sur le latéral gauche de l'Etoile du Sahel, l'international tunisien Sahel Aymen Abdennour (21 ans), tandis que le meneur de jeu de l'AC Arles-Avignon, Camel Meriem, aurait été contacté. Enfin, si l'hypothèse paraît osée, il se murmure que le club ne serait pas contre un retour de Baky Koné, exilé au Qatar depuis l'été dernier où il a remporté le titre de champion avec Lekhwiya. Egalement pisté par Bordeaux, Toulouse, Sochaux et St-Etienne, le petit attaquant ivoirien a le choix mais ne s'est pas exprimé publiquement sur un éventuel retour en Ligue 1, lui qui fut champion de France avec l'OM en 2010.
Il paraît peu probable que cette dernière piste aboutisse étant donnée la valeur financière que Baky a pris lors de son transfert de Nice à Marseille en 2008. Dans un contexte où les rêves ne sont pas permis jusqu'en 2013, nous sommes bien forcés, nous aussi, de ne pas être trop optimistes...
Yannick Pelayo







