
Eric Romain : Patrick, tu viens en Provence depuis combien d’années ?
Patrick Sabatier : Je viens assez souvent en Provence depuis une vingtaine d’années. J’y trouve tout ce que j’aime tout compte fait ; c’est la tranquillité, c’est la luminosité, c’est un endroit où le ciel est particulièrement clair, c’est le vent qui balaie à la fois les nuages et les soucis et puis c’est des dizaines et des dizaines de kilomètres que je fais avec mon chien. Aujourd’hui, c’est Victor, avant c’était Birdy ; ce sont des Bearded-Collie. J’ai gardé Birdy (Birdy, parce que je joue au golf) qui ne m’a pas quitté jusqu’à l’âge de 17 ans et j’en suis extrêmement fier, et puis j’ai pris son cousin, Victor.
E.R. : Il y a longtemps que Birdy est parti ?
P.S. : Birdy est parti en 2002. Je ne voulais plus de chien et Thomas, mon garçon, m’a dit ce n’est pas normal ; toi, tu as connu Birdy tout petit ; moi, je veux connaître un chien tout petit aussi. Il adorait ce chien ! Le Border Collie est une race tellement gentille, tellement fidèle, tu t’en souviens il venait avec moi à RTL… Birdy ne me quittait pas ! Moi, ma grande fierté, c’est que les chiens que j’ai ne connaissent pas la laisse, ils ne savent pas comment « cela » s’appelle ! Je suis en infraction permanente quand je voyage puisque les chiens dans les trains doivent être laissés et muselés et je paie à chaque fois l’amende et j’en suis fier, c’est vrai je paie l’amende volontiers, je suis un peu têtu mais en tout cas mon chien ne connait pas la laisse. Il dégage de la tendresse, de la gentillesse et il me suit partout ! C’est ça un chien, il ne se pose pas de question, il fait confiance…
E.R. : C’est ce que l’on appelle la confiance aveugle ?
P.S. : Oui et la seule fois où j’ai rencontré cela dans ma vie, c’est à la montagne parce que j’aime beaucoup la montagne et j’en ai fais beaucoup. Aujourd’hui, j’en fais un peu moins évidemment parce qu’à partir de 50 ans, on fait tout et un peu moins. En fait, à la montagne, quand on est en rappel, on a nécessairement une confiance aveugle dans celui qui est devant vous, on ne peut pas se poser un seul instant la question du doute. Et bien, le deuxième, à la montagne, c’est le chien, sauf que la montagne pour lui c’est tous les jours ! Il a une confiance aveugle dans celui qui est devant lui. C’est pour cela que je pense que les gens qui font du mal aux chiens, non seulement ne sont pas malins parce que les chiens oublient mais les chiens vont avec les maîtres qui les tapent dès l’instant où ils sont avec eux, c’est incroyable ; moi, ça me trouble énormément, vous avez beau taper un chien si vous lui donnez à manger et si vous êtes le chef de meute, il restera avec vous ! Ces gens, je me dis est-ce que vous vous regardez une fois dans votre miroir, est-ce que vous savez qui vous êtes pour faire cela ?
E.R. : Victor était bébé quand tu l’as eu ?
P.S. : Quand j’ai eu Victor, il tenait dans la paume de ma main ! Il venait de chez un éleveur de Normandie et c’était l’année des « V » ; je trouvais que Victor était un joli prénom, un prénom ancien qui allait bien au Bearded-Collie car ce sont des chiens qui, même quand ils sont jeunes, ont l’air avec tous leurs poils qui entourent leur gueule d’être un peu vieux ! Je trouvais que cela lui donnait beaucoup d’allure de l’appeler Victor, je trouvais ça vraiment bien…
E.R. : As tu toujours eu que des grands chiens ?
P.S. : Oui, cela dit, là, à la maison, il y a ma mère qui a un Bichon Maltais qui fait équipe avec Victor en ce moment… Et comme je te l’ai dit, dans ma tête, je suis un montagnard ; les mollets que tu vois, c’est quelqu’un qui court une heure tous les jours et quelqu’un qui a toujours fait des randonnées… Partir avec un sac à dos ; enfin, je ne suis pas un « aquatique » ! J’aime la bouffe bien bourrative, j’aime bien les bons dîners avec les copains, pas anticholestérol du tout ; et donc j’aime les chiens qui me suivent, je n’aime pas les chiens d’intérieur ! En revanche, quand je dis « je n’aime pas » c’est faux… Je me verrais bien si je n’avais pas d’activité vivre dans une maison avec deux ou trois chiens !
E.R. : Victor vient sur les plateaux de télé ?
P.S. : Il me suit partout. Je suis revenu, lui aussi, le retour du chien à la télé ! (Rires…) Je ne l’emmène pas sur le plateau, il ne fait pas l’émission avec moi parce qu’il n’a pas encore passé le casting mais il est dans la loge, il me suit partout, il est toujours avec moi ! La seule chose que je lui concède, en accord avec Isabelle, c’est qu’il dorme dans notre chambre de campagne, ici, parce que la chambre est grande c’est une vieille maison et il va se mettre dans un coin de la chambre où il ne trouble pas notre intimité, ni ses rêves… Mais à Paris où la chambre est plus petite, là, il dort dans le salon. Il a une vie ici avec ses repères et une vie à Paris.
E.R. : Il parait qu’il joue au football et qu’il nage dans la piscine ?
P.S. : Oui, il joue au foot avec Thomas et ses copains mais il nage avec moi, il fait des longueurs dans la piscine…
Bon, moi, je n’en fais plus beaucoup, je fais une vingtaine de longueur comme ça !
E.R. : Y a-t-il un chien qui t’a marqué dans ton enfance ?
P.S. : J’ai eu un Fox Terrier qui n’avait pas un caractère facile ! Il s’appelait Fox, je devais avoir 11 ans et bizarrement les rapports que j’avais avec lui n’étaient pas affectifs mais des rapports de jeux. Tandis que, maintenant, c’est la tendresse, le compagnonnage.
E.R. : Ca se passe comment une journée de Patrick Sabatier en vacances ?
P.S. : Déjà, je me couche vers deux heures du matin, c’est très rare à Paris où c’est plutôt 11 heures ! A partir de 10 heures, le soir, tout ce qu’on me raconte ne m’intéresse plus ! Rires…
E.R. : Et tu te lèves tôt ?
P.S. : Je me lève vers six heures trente sur Paris, ça c’est dû à RTL en Provence, c’est le contraire, comme je te le disais, je me couche tard, les soirées sont longues, on discute et ensuite j’ai l’habitude de dire que je me lève huit heures après m’être couché, donc vers dix heures… Comme je suis un travailleur, douche, rasage, petit déjeuner en 20 minutes. En très peu de temps, je suis rasé, habillé et j’ai pris mon café. Après, avec Isabelle, on discute un petit peu, on regarde les journaux… Et très vite, baskets, short, je pars une heure ou quand il le faut, j’ai pour mission de faire les courses. Je vais à Saint Rémy faire le marché, je suis le roi de la liste !
E.R. : Tu reçois beaucoup de copains du métier ?
P.S. : Du et hors ; comme je suis dans le village depuis 25 ans, je connais pas mal de gens ! Je vois souvent Renaud ou Mimi Maty… Laurent Gerra qui vient dans le coin pour des galas passe à la maison… A la fin de la semaine, je vais chez Patrick Bruel et il viendra chez moi l’autre semaine et je reçois aussi mes copains créateurs du Festival d’Avignon.
E.R. : Tu communiques beaucoup avec tes enfants Margaux et Thomas ?
P.S. : Plus que ça, je ne vis que pour eux ! Si jamais ils sont bien dans leur vie, ce sera ma plus belle « télé » ! Aujourd’hui, avec ce que j’ai vécu, je me sens plutôt, comment t’expliquer… Quand on a des problèmes et on en a tous, une des façons de s’en guérir, c’est de s’occuper des problèmes des autres, de moins penser à soi et d’écouter. Et cela, je le dois à mon père que certains trouvaient sauvage mais qui ne l’était pas du tout avec ses regards qui « t’écoutent », il te regardait non pas pour te mettre mal à l’aise, il te regardait pour comprendre, pour savoir qui tu étais… Aujourd’hui, on vit à l’époque du Zapping, tout le monde se zappe ; un programme de télé, on le zappe ; une histoire d’amour, on la zappe ; et maintenant quand quelqu’un te regarde tout simplement et t’écoute, on se sent presque déshabillé ! Quand j’ai fait l’émission « Pendant la Pub » sur TMC, trois cent vingt portraits (Delon, Bardot…), cela m’a beaucoup appris sur ces stars mais ça m’a aussi appris sur moi !
E.R. : Professionnellement, y a-t-il des choses qui te touchent ?
P.S. : Oui, l’autre jour, par exemple, suite au succès d’audience de « Mot de Passe », je reçois un SMS de la plus haute direction de France Télévision qui disait ceci : « Si on t’avait appelé plus tôt, on aurait connu ces chiffres là plus tôt. » Pour moi, c’est le plus grand hommage professionnel qu’on puisse rendre ! A la limite, je ne sais pas combien de temps ça durera, on verra…
Mais ma plus grande fierté, c’est d’avoir pu le montrer à mes enfants parce qu’ils avaient entendu parler d’un père qui présentait des émissions de télévision ; mais, en 1993, mes enfants ont trois et cinq ans, donc ils ont fait toute leurs études et à chaque fois des gens leurs disaient : « Ah mais Patrick Sabatier c’était Avis de recherche » et eux : « Mais de quoi on me parle là, de quoi on parle ? » Et là, l’autre jour, on a une grande discussion tous ensemble et j’ai dit : « Vous voyez maintenant, je ne sais pas ce que cela va donner mais vous avez vu », et je fais : « La boucle est bouclée. »
Tout le reste maintenant « c’est plaisir » ; on ne va pas être rancunier, on ne va pas avoir de l’amertume, vraiment « c’est plaisir ! »
E.R. : Tu penses souvent à ton père ?
P.S. : Tout le temps.
E.R. : As-tu l’envie de redevenir producteur ?
P.S. : Est-ce que j’ai envie de proposer des idées et d’être une force de proposition ?
Oui, j’ai déjà proposé des idées car la création m’intéresse… Est-ce que j’ai envie d’être en charge d’une boite de production ? J’en ai déjà une d’ailleurs mais de là à en assumer toute la responsabilité…
Franchement, j’imagine bien de coproduire des choses, de faire des équipes mais on ne peut pas tout faire ! A la rentrée, il y aura une dizaine de prime time, il y aura toujours « Mot de Passe » et puis deux ou trois propositions que je fais à France Télévision et j’espère que ces idées seront acceptées, on verra bien… Et maintenant, il y a les tiennes ! (Rires…)
E.R. : Enfin, as-tu un petit message pour Brigitte et Alain, la marraine et le parrain de Doggy Célébrités ?
P.S. : Je vais commencer par Brigitte, par celle qui m’a accueilli à la Madrague pour une émission spéciale en 1985. J’avais été impressionné par cette maison et par la plus belle femme du monde, on avait fait une « Spéciale B.B. » où j’avais pu faire une heure et demie d’interview. Ce qui m’avait beaucoup surpris, c’est sa détermination à lutter !
Donc je lui dis mon admiration pour tout ce qu’elle a fait avant au cinéma, après pour les animaux et tout ce qu’elle est en tant que femme, je la trouve remarquable !
Alain, on se connait bien, on s’est vu en France et au Maroc ; c’est un homme d’une fidélité et d’une amitié à toute épreuve !
J’en connais un qui est comme cela également, c’est Monsieur Sarkozy.





Animaux & Cie

