
Ses premières armes, il les avait faites dans les cours de théâtre de la rue Blanche auprès de Pierre Renoir avant d’entrer en 1947 dans la compagnie du Grenier Hussenot.
Mais sa véritable vocation éclate au TNP de Jean Vilar où il entre en 1952, un peu comme d’autres en religion. L’école des femmes , Mary Tudor , Antigone, Turcaret , Le Cid n’ont plus de secrets pour lui.
Il incarne souvent les maris trompés alors que Gérard Philippe joue le rôle du jeune premier, de l’amant. Il composera certainement le plus grand et le plus inoubliable Ubu du théâtre. Il succédera au maître à la tête de cette honorable institution de 1963 à 1972. Homme de gauche, tout comme Jean Vilar, il sera très affecté par les critiques des jeunes excités de mai 68, dénonçant le théâtre public comme étant forcément les alliés du pouvoir. Georges Wilson en conservera toute sa vie une certaine amertume…
Il a dirigé aussi le théâtre de l’Œuvre de 1978 à 1995 où il a repris notamment En attendant Godot auprès de Rufus et de Michel Bouquet, ses amis. Le théâtre, c’était sa vie, son oxygène, sa famille, son jardin secret.
Il a tourné avec les plus grands
Il n’a pas dédaigné le cinéma où ses rôles ont été plus alimentaires. Néanmoins, il a joué auprès des plus grands, Danièle Darrieux dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara qu’il retrouvera dans La Jument Verte , de John Wayne, Richard Burton, Bourvil dans Le Jour le plus long (1962), Fernandel dans Le Caïd (1960), Louis de Funès dans Faites sauter la banque (1963)… En 1961, il connaît la consécration au festival de Cannes avec son rôle de vagabond dans Une si longue absence d’Henri Colpi, Palme d’Or. Acteur de composition, il donne un relief tout particulier au capitaine Haddock dans Tintin et le mystère de la toison d’Or. Il tourne même avec Lucchino Visconti dans L’Etranger…
Tantôt commissaire dans Max et les ferrailleurs (1970), caïd dans Le bar du téléphone (1980) ou grand-père juif dans Le bout du bout du banc (1978), il est le bâtonnier de L’honneur d’un capitaine (1982).
« La Vouivre » en 1988 avec Lambert Wilson
Plus récemment, il s’était distingué dans Le Château de ma mère en 1990 ou Marquise en 1996 ou encore en 2005 dans Je ne suis pas là pour être aimé aux côtés de Patrick Chesnais.
L’an dernier, il était dans Mesrine : L’Ennemi public n° 1, sa dernière apparition au cinéma. En 1988, il s’était essayé à la réalisation avec un joli film, La Vouivre qui ne connaîtra pas le succès malgré les présences de son fils, Lambert Wilson, de Jean Carmet et de Suzanne Flon. À la télévision, on l’avait vu dans Dolmen . Georges Wilson avait reçu un Molière, sans doute le plus beau jour de sa vie pour cet enfant des planches.
P. G





Art d’Azur

