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Agriculture et environnement

Écologie

Le défi environnemental de la principauté de Monaco


vendredi 5 février 2010

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Cyril Gomez, responsable du département de l’Environnement de la Principauté, faisait partie de la délégation monégasque d’une quinzaine de personnes, dont le prince Albert, qui s’est rendu au sommet mondial sur l’environnement et le climat de Copenhague. Retour d’expérience.

Le Petit Niçois : Le sommet de Copenhague, est-ce un échec total ou un semi-échec ?

Cyril Gomez : Du point de vue des délégués qui ont suivi le dossier au quotidien, après 8 semaines de réunions en 2009, dès le mois de juin, nous savions qu’un accord contraignant serait très difficile à obtenir […] Je ne dirai pas que ce fut un échec car c’est la première fois que les chefs d’État se réunissaient. En terme d’ambiance la chose importante, étonnante, est que tous ont souligné la réalité du changement climatique et la nécessité de s’y adapter. Il n’y a pas eu de retour en arrière, mais une mobilisation pour aller de l’avant. Maintenant que nous avons un texte simplifié, il va falloir travailler pour les rendez-vous de Bonn et de Mexico. Je ne sais pas si nous parviendrons à un accord contraignant, mais les grands principes sont là : limitation des gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, efforts financiers. Toute la communauté internationale est d’accord sur ces points…

LPN : Les médias n’ont-ils pas fait un peu trop de « catastrophisme » ?

CG : Le groupe gouvernemental des experts créé par l’ONU a fait un travail reconnu par toute la communauté internationale sur le fait que l’on doit limiter le réchauffement à 2 degrés par rapport à 1990. C’est une information qui, aujourd’hui, fait consensus. En ce qui concerne le « catastrophisme », je dirai que les effets du réchauffement dans les comportements de tout un chacun ne semblent pas encore assimilés. S’il y a effectivement un phénomène de sensibilisation à répétition, notamment auprès des pays occidentaux, c’est parce que dans les pays en développement le réchauffement a des conséquences catastrophiques. C’est une réalité. Leur coût aussi en est une. Je ne parlerai pas de « catastrophisme » mais de regarder les choses en face…

LPN : A Copenhague, quel a été le sentiment du Prince Albert dont on connaît l’engagement en matière d’environnement ?

CG : Lorsqu’il s’est exprimé à l’occasion du segment de haut niveau de responsables politiques il a réaffirmé la volonté de la principauté et annoncé des objectifs de réduction de Gaz à effet de serre de 30 % par rapport à 1990 à partir de 2020 et de - 80 % à partir de 2050. Il a également affirmé la volonté de la principauté de participer à l’effort financier et réaffirmé le principe de la neutralité carbone en 2050. Non seulement la principauté poursuivra sa feuille de route, mais elle l’a renforcée. Avant Copenhague la position de Monaco était une réduction de 20 % à l’horizon 2020, elle a donc été accrue pour la porter -30 %.

LPN : Envisage-t-on une taxe carbone à Monaco ?

CG : Il existe déjà une contribution « énergie-climat » la concession de la SMEG a été renouvelée le 18 décembre. Cette concession de distribution de l’énergie gaz et électricité place le développement durable au premier plan, elle a été conçue de façon partenariale avec le gouvernement princier qui a souhaité qu’elle soit un outil pour atteindre nos objectifs généraux en matière d’énergie et de coût. Parmi les mesures : la création d’un fonds de développement durable abondé par une contribution sur la vente d’électricité et de gaz afin de favoriser des actions en matière de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables.

LPN : Faire rimer écologie et économie est-ce un défi ?

CG : Un défi, mais aussi une opportunité. Faire rimer écologie et économie, c’est mettre en œuvre des principes de bonne gestion. À ce titre, quand le gouvernement attribue des subventions pour favoriser les véhicules électriques ou un financement pour développer les transports en commun (l’achat de 5 rames de TER, la refonte complète de la tarification des bus) il préserve son attractivité et contribue à faire venir des actifs. Pour autant, cela reste des mesures contre le réchauffement climatique.

LPN : La France, qui se veut le chantre de l’écologie consacre 0,47 % d’aide aux pays émergents, c’est relativement peu…

CG : Les objectifs du millénaire préconisent une attribution de 0,7 % du PIB à consacrer à l’aide au développement des pays émergents. La principauté pour sa part s’est engagée à tenir cet objectif, parmi les missions que nous conduisons je citeraides opérations dans nos zones prioritaires principalement en Afrique : la lutte contre la déforestation, l’irrigation, les installations photovoltaïques.

LPN : Vous parlez de photovoltaïque, mais on conteste son coût et son efficacité…

CG : Tout dépend du contexte et il n’y a pas une seule vérité ! L’énergie renouvelable en Principauté est l’énergie thermique de la mer, 17 % de la consommation provient de pompes à chaleur qui fonctionnent à l’eau de mer et ce depuis les années 60. C’est une technologie éprouvée et très rentable pour nous. Le solaire a certes un coût, mais en plein désert c’est une excellente solution.

Propos recueillis par Viviane Le Ray



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