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Mosaïc : un colloque sur la citoyenneté et les Français de sensibilité musulmane

Citoyenneté et Français de sensibilité musulmane : Ensemble, chan­geons la donne ! Enjeux et perspectives », était le thème du colloque organisé par Mosaïc, une association née le 1er juin dernier. Laïque, culturelle et apolitique, cette fédération œuvre dans un esprit démocratique, d'ouverture et de tolérance, pour un « Mieux Vivre Ensemble dans la République ». Elle s’emploie notamment à changer les stéréotypes associés aux citoyens de sensibilité musulmane, fédérer autour des thèmes de la citoyenneté, de l’exemplarité et de l’identité française et promouvoir l’égalité des chances quant à l’accès à l’emploi, à l’éducation et à la formation. Autant dire que ce colloque était bel et bien l’occasion pour elle de clamer haut et fort le respect de la diversité. Et pour cela, l’association peut compter sur l’appui de Christian Estrosi Ministre chargé de l'industrie, Maire de Nice et Président de Nice Côte d'Azur qui souhaite « construire une société française plus harmonieuse en donnant la parole à ceux qui appartiennent à la communauté musulmane et qui revendiquent leur citoyenneté».

De nombreuses personnalités ont répondu à l’appel pour débattre du sujet mais surtout pour trouver de meil­leures pistes d’actions, de nouvelles idées et une métho­dologie pour faire évo­luer les mentalités. Parmi eux, il y avait, bien évidemment, le Dr Marouane Bou­loudhnine, Président National de Mosaïc qui a proclamé à toute l’assemblée « sortons de l’impasse musulmans et non musulmans !». Une déclaration qui a fait l’unanimité puisqu’elle a été chaleureusement applaudie par le public, un véritable melting-pot, venu nombreux.

Du beau monde pour un jour à marquer d’une pierre blanche

Placée au centre de nombreux débats depuis plusieurs années, la citoyenneté est désormais sur toutes les lèvres. Car après la polémique sur l’identité nationale, on pouvait entendre des voix murmurer que ce colloque tombait à pic. Parmi les personnes ayant répondu favorablement à cette initiative, on a pu noter la présence de Abdel Aïssou, Président du Conseil national des entreprises pour la banlieue et Directeur Général délégué de Randstad, Mohamed Abdi, Conseiller spécial de Fadéla Amara, secrétaire d?Etat chargée de la Politique de la ville, Michel Auboin, Dire­cteur de la Direction de l'Accueil, de l'Intégration et de la Citoyenneté, Ghaleb Ben­cheikh, Président de la Con­férence mondiale des religions pour la paix, Emmanuel Bertin, Responsable de l'Agence na­tionale pour la Cohésion So­ciale et l’Égalité des chances, Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dounia Bouzar, Anthro­po­logue du fait religieux, Fayçal Douhane, Directeur Général Adjoint de l'Association des Maires d'Ile de France, Mezri Haddad, écrivain et philosophe, Rachid Kaci, Sous Préfet, Bariza Khiari, Sénatrice, Fadila Méhal, Présidente des Marianne de la diversité, Éric de Mont­golfier, Procureur de la Répu­blique, et Aziz Senni, Prési­dent Fon­da­teur du fond d'investissement Business Angel des Cités.

Du beau monde car il s’agit là, comme l’a précisé Christian Estrosi, d’un « enjeu historique ». Laissant de côté ses préjugés et tout mettre en œuvre pour faire avancer les choses. « Ce colloque après tout, nous invite à changer la donne ! » Et pour ce faire, des intervenants spécialisés dans l’islam et la citoyenneté ont alors débattu, autour de quatre tables rondes.

Trouver les mots justes pour apaiser les coeurs

Les sujets sont sensibles, importants, difficiles à traiter. Mais c’est l’occasion ou ja­mais de dire franchement les choses. Alors on parle de Français et musulmans, de cohésion sociale, de culture et laïcitéou encore d’être « tous responsables ». Et trouver des solutions aux questions que se posent tout le monde : « comment les Français de culture musulmane peuvent être considérés comme des Français à part entière ? » Lors de cha­que table ronde, trois ou quatre personnalités ont exposé leur discours, une par une, puis ont répondu aux questions d’un public réactif, qui n’a pas hésité à montrer son approbation en applaudissant les spécialistes, en jetant un bref regard sur l’assemblée des sourires se sont dessinés sur les visages. Une belle ovation a été faite à Ghaleb Bencheikh, également présentateur de l’émission « Islam » sur France 2, lorsqu’il a parlé de l’islam dans la République. D’autres ont été salués par l’auditoire comme Aziz Senni après avoir traité le sujet des banlieues, « une chance pour l’économie française ». On retiendra sa jolie comparaison lorsqu’il a parlé d’identité : «c’est comme un oignon. Ça peut avoir plusieurs couches, et ça peut faire pleurer ». Des mots justes qui ont su toucher le public sans distinction de religion ou de conviction. Mais lorsqu’il s’agit de faire avancer le débat sur la laïcité chacun y va de sa métaphore, a coup sûr, tout le monde comprend. « Pour nous, la religion est une fenêtre sur l’univers » a expliqué Bariza Khiari, pour qui « la laïcité est une chance pour l’égalité des chances ».

Après tout le citoyen musulman est un citoyen comme un autre. Pour Éric de Montgol­fier, procureur de la Répu­blique, il est certain que : «celui qui sait est responsable de celui qui ne sait pas ». Ce fut un colloque constructif, qui a dépassé les espérances pour certains alors que pour d’autres, les mots : intégration, égalité, fraternité, cohésion sociale, évoquent juste une liberté utopique. A cela, Marouane Bouloudhnine ré­pond «demain, nous voulons construire la France, dans le respect des lois de la République. Il suffit que tous, nous nous mettions au travail».

Nassera Sfendla

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