Christian Estrosi, président de la 1ère Métropole de France

Christian Estrosi, président  de la 1ère Métropole de France

Il ne fallait pas être en retard au premier conseil de la Métropole de Nice Côte d’Azur où les 128 conseillers ont élu, sans surprise, Christian Estrosi comme président…

Habitué de ce genre d’exercice, le docteur, Alain Frère, a joué les Monsieur Loyal en présentant la candidature du seul candidat, Christian Estrosi, « celui qui a imaginé et bâti avec talent la première Métropole de France ».

15 vice-présidents pour l’exécutif…

Au perchoir, le maire de Duranus, Henri Roux, officie avec sérieux et application en tant que doyen de l’assemblée, avec à ses côtés, à sa droite, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, le préfet Jean-Michel Drevet, et à sa gauche la directrice générale des services de la Métropole, la préfète Anne Boquet, et Marine Brenier, la benjamine des conseillers. Le suspense n’a pas été long et c’est Christian Estrosi, une heure après le début de la séance, qui a été salué par une ovation président de la Métropole Nice Côte d’Azur.

Le résultat est net : 128 inscrits, 117 votants, 6 bulletins blancs et 111 voix pour Christian Estrosi. L’affaire n’est pas bénigne car nombre d’autres grandes villes comme Lyon, Marseille ou Toulouse n’ont pas réussi ce tour de force de réunir un périmètre, des communes et des hommes dans une même volonté de partager l’ensemble de leurs compétences au sein d’un conseil exécutif où les 15 vice-présidents sont tous des maires (1). Comme au sein de l’ex-communauté urbaine, la règle, « un maire = une voix », a été conservée et validée au sein d’une charte qui a été votée malgré l’abstention de l’opposition.

« Il n’y aura pas une décision concernant une commune qui ne sera prise sans l’accord des conseils municipaux » assure Christian Estrosi qui dénonce « ceux qui voudraient faire croire à l’omniprésence de la ville centre et de son représentant ». Préférant « le consentement à l’obéissance », Christian Estrosi a annoncé la création d’un conseil de développement associant tous les acteurs locaux tels que la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) Nice Côte d’Azur, la Chambre des métiers, la Chambre de l’agriculture, l’UPE 06, les forces de l’ordre, police et gendarmerie, les pompiers, les associations… Dans son élan, il a même tendu la main à la Région Paca, « … et je dis combien, je souhaite que nous travaillons ensemble ».

… et 14 présidents de commissions opérationnelles

Evoquant les compétences transférées à la Métropole, Christian Estrosi a parlé « d’addition de compétences » avec la voirie, les transports scolaires et la promotion économique à l’international. Il questionne tout haut : « Quand on transfère à notre Métropole, donc aux maires de ses communes, la totalité de la voirie, éloigne-t-on sa gestion ou la rapproche-t-on des citoyens ? ». Pour travailler sur les compétences de la Métropole, 14 présidents (2) ont été nommés dont 7 issus des rangs du conseil municipal de Nice. Le nouveau président a fixé les grandes lignes des actions à venir. Pour l’emploi, le développement de l’éco-cité avec la création de 50 000 emplois durant les 25 prochaines années et d’un laboratoire du « Fabriqué en France » au sein de l’Opération d’intérêt national (OIN) de la plaine du Var. Concernant le logement, un objectif de 1 200 créations par an est prévu.

Du côté de la voirie, le but est d’intégrer 245 agents du Département pour une meilleure « cohérence, efficacité, et des économies d’échelle ». Dans les transports, la volonté est de doubler le nombre de voyageurs avec 120 millions d’usagers d’ici 10 ans. Pour le ferroviaire, la priorité est donnée au tronçon Nice-Est varois de la LGV Méditerranée d’ici 2023. Les énergies renouvelables devront passer de 28 à 33% d’ici 10 ans avec 2 mini-centrales à Clans et au Roguez, ainsi que le développement de la filière bois. Les déchets seront recyclés à 35% avec des unités de traitement performantes. En matière d’environnement, la signature du contrat de Baie est prévue le 23 janvier prochain. Le développement du tourisme sera assuré par la création d’un parc des expositions sur la plaine du Var de 85 000 m2.

Pour les affaires européennes, la coopération avec Gênes sur l’Opéra, les transports, ainsi que la mise en place d’une éco-taxe poids lourds en transit international sur l’A8 sera renforcée. Les services publics bénéficieront d’un centre de télétravail à Levens ainsi que du développement de la télémédecine. Il est aussi prévu la construction d’un port à sec à Beaulieu de 250 places, la dynamisation du plan d’eau de St-Jean-Cap-Ferrat avec des pontons mobiles innovants, et la création d’un port de plaisance exemplaire à Cagnes-sur-Mer. A propos des nouvelles technologies, le concept « Smart city » de ville intelligente sera développé avec IBM. Enfin, concernant les ressources humaines, il s’agira de développer la formation et la mobilité des 3 500 agents de la Métropole. Tout un programme qui devrait se décliner au cours des prochains conseils, les élus de la Métropole ayant choisi de se réunir tous les deux mois au Centre universitaire méditerranéen (CUM) de Nice.

Pascal Gaymard

(1) Dans l’ordre : Louis Nègre, Isabelle Brès, Henri Revel, Alain Frère, Honoré Colomas, Gérard Manfredi, Régis Lebigre, Xavier Beck, Gisèle Kruppert, Antoine Damiani, Fernand Blanchi, Jean-Louis Scoffié, Jean Thaon, Jean-Michel Semperé, et Michel Meini.
(2) Christian Tordo (emploi + développement économique), Dominique Estrosi-Sassone (logement), Alain Philip (transports, urbanisme, grands travaux), Jean-Marie Bogini (voirie métropolitaine), Hervé Paul (eau, assainissement, énergie), Pierre-Paul Léonelli (propreté + collecte), Véronique Paquis (environnement + recherche), Rudy Salles (tourisme + relations internationales + sport), Gaston Franco (affaires européennes), Jean-François Spinelli (activités + services publiques), Roger Roux (activités portuaires et maritimes), Antoine Véran (nouvelles technologies), Roger Martin (intermodalité), Philippe Pradal (finances + administration).